L'Epopée des bras cassés (bêta)

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L'Epopée des bras cassés (bêta)

Message  O'Malley le Sam 6 Aoû - 11:17

Yop,
Je voulais écrire un petit récit mettant en scène mon régiment préféré, étant donné que d'autres ne lui ont pas accordé la place qu'il méritait tire la langue J'ai également pensé qu'un peu d'auto-dérision ne ferait aucun mal puisque nous sommes "l'élite" du IVe Corps hap(blague, pour ceux qui n'auraient pas compris). Je l'ai établi à partir de petites anecdotes et répliques auxquelles j'ai pu penser durant cette journée, quand je travaillais au boulot. Il y a beaucoup de références cachées, de private joke, et d'autres choses, si bien que certains ne comprendront pas le comment et le pourquoi de certains dialogues ou situations. Je n'ai pas l'impression d'avoir été trop loin ; de toute façon, le texte a été relu par certaines personnes connectées au moment où je l'ai fini et j'ai renoncé à certaines... malversations noel comme de faire passer Agone pour Pedobear (tu l'as échappé belle pedobear ). Ceux qui ne sont pas mentionnés, aussi nombreux soient-ils, peuvent s'estimer heureux car ils seront épargnés ange Je n'ai pas pu discuter suffisamment avec eux pour pouvoir leur trouver un gimmick bien ressemblant (manque de temps, circonstances qui ne le permettent pas, absence sur le TS, ce genre de choses). N'oubliez pas que je vous aime tous autant que vous êtes <3 (sauf Goh, cette fouine). C'est la première partie du récit, la seconde viendra, peut-être. Cela dépend de ma future motivation et de vos commentaires. Je ne l'ai pas relu entièrement (surtout la fin), c'est donc une version bêta. Bonne lecture à tous ! noel deux ok

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Environs de l'île de Lobau, près du Danube.
Alors que les premières lueurs de l'aube commençaient à poindre à travers les nuages de la nuit, le campement que le glorieux IVe Corps d'Armée Française avait dressé sur la plaine, venait juste de s'éveiller. Tous les officiers, soldats et rebuts préparaient leurs bagages en vue de la grande bataille qui les attendait. Tous, sauf un groupe d'une quinzaine d'hommes, à l'écart du reste de l'Armée, alignés et silencieux devant un monticule de pierre surmonté d'une croix de bois de fortune, fraîchement coupée à la baïonnette. Un homme, en uniforme d'officier, semble être le responsable de la cérémonie. Droit, fier et ému, c'est le Capitaine Pocault, responsable du 5ème Voltigeurs, dont les effectifs s'étalent sous nos yeux...


« Si nous sommes réunis ici en ce 5 Juillet 1809, c'est pour honorer la mémoire d'un soldat, d'un camarade et même d'un ami, qui a perdu la vie au champ d'honneur, les armes à la main...
- Champ d'honneur, mes burnes ouais. Il s'est fait démembrer par un boulet de Beauharnais en allant pisser contre un arbre, quelle mort prestigieuse
, ne put s'empêcher d'ajouter O'malley en chuchotant.
- Par contre, il est bien mort les armes à la main", renchérit le Caporal Gaud en souriant d'un air entendu.
Un regard noir de leur Capitaine les fit taire en cet instant de recueillement. Il poursuivit :
« Le Caporal PigeonNoir reposera donc ici à jamais, et nous honorerons sa mémoire chaque jour que Dieu fait, en servant l'Empereur dans l'honneur, et ce, jusqu'à la mort. »
Lorsqu'ils eurent fini la cérémonie funéraire, ils se dirigèrent sans un mot vers la colonne qui finissait de se former.

Perdus dans leur pensées, ils ne virent pas arriver un homme d'une forte corpulence qui les héla à quelques mètres d'eux :
"Bonjour la compagnie ! Je vous ai vu, tantôt. Je buvais ma calis de jus de raisin et je me suis dit "Marde, voilà enfin ces satanés Voltigeurs!", c'pour ça que j'suis là, moi.
- Que nous voulez-vous et d'où vient votre accent ?
- Ah, c't'accent-là. Moi j'viens du Québec, vous savez. C'est vous, les Français, qui avez un accent, d'ailleurs. Alàlà... Oh, excusez-moi, je ne me suis pas présenté, je m'appelle Quatre-raies-de-fiche mais on m'appelle Quat' de là où je viens. J'étais bucheron et pis, quand j'ai appris qu'y'avait des guerres chez mes cousins, je me suis engagé dans le contingent québécois... pour vous aider, quoi.
- Depuis quand il y a un contingent québécois, Capitaine?
demandèrent, interloqués, certains Voltigeurs tandis que le Caporal Gaud ne put s'empêcher de lancer, avec une moue suspicieuse et l'accent caractéristique du sud de la France, et ce malgré tous ses efforts pour se contenir :
- Papiers s'y vous plé !
- Mais puisque je vous dire que je viens du Ch'nord...
- Oh mon Dieu, vous venez du Nord ? Bon, vous pouvez venir alors.. triste Comme je vous plains.
- Eh bien, je ne sais pas, mais toute aide est la bienvenue. Vous vous joindrez à nous et vous porterez notre uniforme. Bienvenue dans le 5ème Voltigeurs, Quat' »
finit par conclure Pocault.


Devant la longue marche qui s'annonçait, il peut être utile de présenter quelques membres emblématiques de ce régiment si particulier.
A tout seigneur, tout honneur, le Capitaine Pocault, chef de cette glorieuse troupe, est un corse de Corse. Bien qu'il ne le soit que depuis trente-quatre générations, ce qui fait de lui un immigré aux yeux des autochtones, il tient à montrer son appartenance à ce club très sélect en prônant hautes les valeurs et les traditions qu'il représente. De toute l'Armée, il est, sans conteste, le seul officier à pouvoir débusquer du premier coup d’œil une grange remplie de paillasses moelleuses, et n'hésitent pas à faire charger ses hommes sur un régiment de Grenadiers afin d'y accéder pour goûter un repos bien mérité. Quand bien même ce serait la cinquième sieste de la journée qu'il s'octroie, en dépit des soupirs lassés de son Général.
Mais les hommes de troupe ne sont pas en reste. En premier lieu desquels, il y a le Caporal Staulheune, le fidèle second du Capitaine Pocault, un soldat sur lequel il peut compter en pleine bataille mais également un homme qui éprouve chaque jour les difficultés d'un équilibre alcoolique précaire. Staulheune boit, et cela se ressent. Ses conseils stratégiques, autrefois de renom, ont évolué en divers techniques qui montrent, aujourd'hui encore, leur date de péremption avancé. Ainsi, les zigzags devant l'ennemi, expérimenté par lui-même devant le Général en chef, qui, le prenant en flagrant délit d'ivresse après une soirée trop arrosée, réussirent miraculeusement à distraire ce dernier par le rire pendant que Staulheune cherchait à se dissimuler dans un endroit plus ou moins mouillé pour se reposer... Menacé à chaque instant par un foie capricieux, il ne peut plus se permettre d'abaisser son sabre en guise d'autorisation à tirer, sous peine de mourir dans l'instant d'une crise hépatique aïgue. Hanté par des visions et des voix, il s'en félicite et demeure un bon camarade... pour celui qui n'a pas soif.
Le Caporal Gaud quant à lui, est un être à l'esprit retords, doté d'un physique à la Iago. Débordé régulièrement par une rage intérieure qui domine ses humeurs, il peut entrer dans des colères destructrices à l'encontre d'entités mystiques qu'il qualifie "dadmine pédoubleuvé", qui ne lui veulent pourtant aucun mal. Venu du Sud, il a réfréné comme il pouvait son traditionnel accent, qui ne cesse pourtant de revenir à chacune de ses embardés colériques. Sa phrase préférée ? « Pas de haine ». Mais passons à présent aux hommes de troupe.
Que dire à propos du soldat Quihoui ? Peu de choses, au final. Nous n'avons de lui que cette gravure désormais célèbre :

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Accompagnée de la mention suivante :
« L’attitude héroïque et le courage sans faille du soldat Quihoui furent des soutiens de poids aux troupes françaises lors de nombreuses batailles. »

Soudain, alors que toute l'Armée du IVe Corps s'était mise en branle et marchait vers sa destinée, le vent se leva. En l'espace d'un court instant, ce qui n'était qu'une petite brise se transforma en une tempête titanesque. Plaqués au sol par la force du vent, les soldats se regardaient, hébétés et perdus. Jamais ils n'avaient affronté un tel déchaînement naturel, aussi rapide que violent. D'aucuns, surpris, ne purent se mettre à l'abri et furent balloter sur plusieurs mètres avant de retomber lourdement sur l'herbe humide. Plus personne n'entendait les ordres de ses officiers respectifs tant la force la bourrasque emportait tous les mots prononcés. De longues secondes s'écoulèrent, qui passèrent pour des heures. L'attente fut interminable. Soudain, une voix s'éleva dans le chaos. Surpassant le vacarme, puissante et autoritaire, elle lança :
*FSSSSSSHSSHSHHSHH* « CAMBRONNE, TA GUEULE. »
C'était le Capitaine Gerbdieb.
Aussi soudainement qu'elle était apparue, la tempête disparut. Le calme revint peu à peu sur la plaine et les hommes se relevèrent un à un, cherchant le groupe auquel ils avaient appartenu, quelques secondes plus tôt. Il fut décidé, dés cet instant, que Cambronne serait bayonné pour le reste de la journée, afin d'éviter un nouveau cataclysme...



« Halte ! Nous allons nous reposer ici quelques heures.
- Mais Capitaine Pocault, le reste de l'Armée ne nous attendra pas. Ne devrions-nous pas continuer...?
- J'ai dit que nous allons faire une sieste, alors nous la ferons. QUI OSE ICI RENIER NOTRE DROIT INALIENABLE A LA SIESTE, A NOUS LES CORSES? EST-CE UNE REBELLION DE L'ETAT COLONIALISTE FRANCAIS ? Sortez les Sainte-Grenades !
- Non, non, ne vous inquiétez pas, mon Capitaine. Ce n'est rien. Nous allons dormir un moment, c'est promis. »



Et après une loooongue sieste, le 5ème Voltigeurs reprit la route de plus belle, et ce, à marche forcée afin de rattraper la colonne principale. Bientôt, son nuage de fumée leur apparut à l'horizon et ils virent deux cavaliers s'en détacher pour aller à leur rencontre au galop.
« Ah, vous êtes là, les Voltigeurs. On se demandait où vous étiez. C'est pas possible toute cette indiscipline dans les rangs. En plus, vous êtes vraiment nuls quoi, des mauvais, du néant. Si vous aviez déserté, je crois qu'on s'en serait même pas aperçu, à part peut-être sur la rubrique nécrologique. Vous savez pas tirer. Vous savez pas vous battre. En fait, la seule fois où vous faites des exploits, c'est quand je suis là. VOUS ÊTES MAUVAIS !
- Ahem, Général Bastien, quels sont les ordres au juste...?
- Mon fidèle Lieutenant-Général Qualat-Anne et moi n'avons pas eu le temps de finaliser le plan. Pour ce faire, je crains qu'il nous faille nous replier vers ce bosquet afin d'étudier le meilleur moyen de... pénétrer le gros des forces ennemies afin d'assurer une percée..., c'est le mot je crois?
- Tout à fait, mon cher Général, vous avez tout à fait raison. Faisons tout de suite une entrée en matière, si vous le voulez bien... »



Ainsi, le régiment de tir le plus folklorique de toutes les Armées Européennes put prendre congé de l'Etat-Major et continuer sa route. Lorsqu'il eut rejoint la queue de colonne, les soldats du 5ème purent entendre des bribes de conversations issues de chaque régiment, aussi glauques que curieux :
« (...) Tu peux pas test, moi j'ai un mousquet à cinq fourquines. Et puis les pauvres, s'ils le sont, c'est de leur faute...
- Dis, pourquoi les maladies ça tue, Haut-Suquat ?
- Vos gueules dans les rangs. T'façon, vous êtes la honte du IVe Corps, vous êtes le rebut hein. (...) »
« (...) Et puis j'avais la gueule pleine de graviers, hein, tu t'en souviens toi, Vaetris.
- Et comment que je m'en souviens. Tu sais que tu t'étais vraiment lâché...? J'ai du tout nettoyer, t'en avais vraiment partout, c'était une vraie marée. Ne me fais plus jamais ça hein. (...) »
« (...) Et toi, Marquès, tu tires ou tu pointes?!(...) »
« (...) Les gars, vous avez vu? Le cheval de Nova est mort durant la nuit. D'une constipation ! Incroyable. Il n'y a qu'à lui que ça arrive ce genre de trucs (...) »



Et tandis qu'ils dépassaient l'arrière-garde, les discussions allaient bon train entre les camarades du 5ème Voltigeurs... Quat' en profitait d'ailleurs pour expliquer doctement les rudiments de la vie dans son pays natal :
« Chez nous, au Québec, en hiver, on a pas beaucoup à manger. Du coup, on est obligé d'aller chasser le caribou à mains nues et de lui briser la nuque. Parfois, on le mange vivant, c'est plus de protéines et ça vivifie le corps et l'esprit !
- Ah bon? C'est incroyable !
lui répondit l'une des recrues les plus crédules du régiment, SGTMatt44.
- 'Faut dire aussi que vous êtes pas très solides, les Français. En plus, vous pouvez pas compter sur vos armes, puisqu'vous avez des mousquets de marde. On tire une balle et elle dévie à trente mètres. Ah, les fusils québécois, 'y a pas à dire, c'est bin mieux sti.
- C'est pas faux. »

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« Le soldat Quatre-raies-de-fiche discute poliment avec le 2ème Grenadiers de Gerbdieb après une LB amicale. »
Plus loin, le soldat Voldren apostrophait le Caporal Staulheune d'une drôle de façon, qui n'était d'ailleurs pas pour lui déplaire...
« Oh oui Staulinounet, frappe moi avec ton gros marteau jaune ! Oh oui, frappe moi ! J'aime ça, quand tu me tapes avec ! »
Alors que le Caporal Gaud plastronnait devant le soldat Siborgne, admiratif de ses capacités physiques...
« Vous avez la vivacité d'un daim, Gaud !
- Eh ouais, mais ça, c'est surtout parce que j'ai mes entrées au dernier bordel du coin. Héhé.
- Celui qui vient d'ouvrir et qui se prénomme "L'Alpha" ? Il est bien trop surcoté...
- 'M'en fous, vous aurez pas mon invitation gratuite ! Crevez de jalousie ! »


A quelques centaines de mètres de là, le Général Bastien et son Lieutenant Qualat-Anne s'approchaient du Capitaine Gerbdieb pour lui délivrer les décisions de l'Etat-Major en vue de la bataille qui s'annonçait.
« Gerb' ! Le 2ème Grenadier ouvrira la marche en prenant la rive opposée du fleuve. Qu'ils se préparent à monter dans les barques, je veux un mouvement rapide, précis et efficace. En bref, chirurgical.
- Vous pouvez compter sur nous, mon Général.
- Général, attendez ! »

Un cavalier en uniforme de Colonel accourait, visiblement éreinté par la longue course qu'il venait d'effectuer.
« Que se passe t-il, Colonel Pierre ?
- L'un de mes hommes a cru que nous avions des Anglais en face de nous, et, en raison de sa sympathie obsessionnelle pour ces perfides, il a décidé d'entamer, au nom du IVe Corps, des pourparlers afin d'éviter ce qu'il appelle "une effusion de sang"...
- Mon Dieu... Dites moi que ce n'est pas vrai... Ce sont des Autrichiens, bon sang ! Où est-il à présent ?
- Ils ont traversé le fleuve il y a une heure.
- "Ils" ? Qui a osé le suivre dans sa folie ?
- Le Lieutenant Matte. Il a refusé d'abandonner l'un de ses hommes à l'ennemi et lui sert de garde du corps.
- Les boulets. Qualat-Anne, ma longue vue, vite ! »

Au loin, Bastien pouvait observer le hussard Aldric essayer de parlementer avec le commandant des forces autrichiennes. Même si cela lui était difficile, il tentait d'imaginer, par les mouvements des protagonistes, la teneur de leur discussion.
« Basically, oui cannot do ze war wiff u. Çorry beut oui can maike eune éveunte laïke a debarkment on the bitch, together ! u know this, maite?? »
D'un coup d'épée, l'officier Autrichien, croyant à une offense, lui répondit par la négative. Voyant le cadavre de son camarade à terre, le sang du Lieutenant Matte ne fit qu'un tour et il décida de charger l'ensemble des lignes à lui tout seul. Il fut, hélàs, hélàs, trois fois hélàs, criblé de balles avant d'avoir pu entamer le moindre centimètre de terre dans leur direction...


« Hey les gars, bonne nouvelle. Ils ont eu le plus moche, on vient de regagner 20 points en charisme. On peut peut-être gagner finalement...
- Silence, nous allons bientôt gagner la rive opposée. »

Le Caporal Gaud ne cachait visiblement pas sa joie alors que le 5ème Voltigeurs s'apprêtait à rejoindre les 2ème Grenadiers, qui venaient de prendre possession de cette position ô combien stratégique. Entre-temps, Bastien venait de prévenir les chefs de régiment du plan de bataille. Ce dernier consistait en une attaque en balayage du plateau de Wagram sur lequel l'ennemi s'était réfugié, après son contournement par le fleuve. Le régiment des Voltigeurs était chargé, au sein de ce gigantesque mouvement militaire, d'assurer une pression constante sur le flanc gauche de l'ennemi, pendant que le 45ème d’Infanterie de ligne assurait le mouvement tournant.
La bataille venait à peine de commencer qu’une odeur de poudre traînait déjà sur le champ de bataille. Elle prenait à la gorge les soldats, forcés de tousser à de nombreuses reprises et les empêchant, ainsi, de viser correctement leur cible. Peu à peu, les hommes tombaient. Les pertes étaient lourdes mais l’avancée conséquente face aux troupes Autrichiennes. Le 5ème Voltigeurs venaient déjà d’utiliser la moitié de ses cartouches dans des tirs dignes de la Grande Armée, faisant mouche à quasiment chaque coup.
C’est alors que le Caporal Staulheune les rejoignit en courant avec, à la main, un message du 2ème Grenadiers.

« Soldats ! Soldats ! Le Capitaine Gerbdieb m’est apparu en rêve ! Il m’a dit de vous avertir qu’ils… qu’ils… » Il s’effondra à terre, les yeux exorbités, terrassé par une cyrhose foudroyante qui le gangrénait depuis de longues semaines.
« Caporal Gaud, il est mort. » déclara l’aide médical Larrey après l’avoir brièvement ausculté.
« Peu importe, prenez son message et lisez-le vite ! »
Siborgne prit alors la missive et entreprit de la lire à tous…
« Attention… Il… y… a... un régiment… d’Infanterie… sur votre flanc. Ca… veut dire… quoi, Caporal… Gaud ? »
« Que l’on va crever incessamment sous peu, je le crains. »

En effet, lorsqu’ils regardèrent autour d’eux, les Voltigeurs purent s’apercevoir qu’ils étaient déjà encerclés depuis quelques temps. Le temps s’arrêta pour eux, ils n’entendaient plus les insultes du Caporal Gaud, ni les jurons du soldat Quatre-raies-de-fiche, ils attendaient la mort, le premier feu, celui qui répand le sang sur l’herbe verte. Les Autrichiens se mirent en joue en un siècle. Tout semblait irréel, tout paraissait figé. Ils n’entendirent pas l’ordre de feu. Durant cette volée, la moitié des camarades du 5ème tombèrent, touchés à mort.
Pocault se releva, jaugea l’étendue de ses forces encore valides, et l’esprit envahi par une rage indescriptible, ordonna la riposte, la plus sanglante possible.

« Voltigeurs, reformez la ligne ! En joue ! TIREZ POUR TUER ! »
Le soldat O’malley voyait rouge. Sa vision et ses pensées, submergées par le sang, les larmes et la sueur, s’embuèrent. Il entra dans l’un de ses délires sanguinaires caractéristiques qui consistaient à tuer tout le monde, y compris et surtout ses propres alliés. Il était dans une folie meurtrière qui n’allait cesser que lorsqu’aucun homme ne resterait à ses côtés. Il commença par transpercer SGTMatt44 de sa baïonnette et manqua de peu son Capitaine, avant de la retourner contre les forces Autrichiennes qui les chargeaient. Donnant des coups dans la vide, sans la moindre raison, il manqua à plusieurs reprises de finir en viande froide. Cependant, sa chance insolente et sa rage aveuglante lui permirent de tenir en respect quelques soldats Autrichiens, qui, non organisés, s’entassaient sous leur nombre devant le 5ème Voltigeurs. Le régiment put reconstituer ses dernières forces et entendre l’ordre de retraite sonné par le clairon du 7ème régiment de hussard.
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« Le soldat O’malley, après avoir vu du sang. »

« C’est bon les gars, on abandonne le grand malade à son sort, il va couvrir notre retraite. » lança le Caporal Gaud, en jetant un dernier coup d’œil à la mêlée qui se rétrécissait sur le soldat O’malley, désormais seul.


FIN DE LA 1ERE PARTIE


Dernière édition par O'malley le Sam 6 Aoû - 17:42, édité 1 fois
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