Pour le trône d'Angleterre (par Schwarzie)

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Pour le trône d'Angleterre (par Schwarzie)

Message  Pierrus le Jeu 15 Nov - 14:54

Introduction

13 septembre 1066
J'ouvre les yeux. Je me lève difficilement, en m'appuyant sur un tronc d'arbre. Je me rends alors compte que ce n'en est pas un. C'est un corps. Je me redresse; il y a des corps, des corps jusqu'en haut de la colline voisine. Soudain, je me rappelle. La bataille. Notre armée défendant la colline. La charge; puis plus rien. J'ai l'impression d'être le seul être humain en vie à plusieurs lieues à la ronde. Les corbeaux commencent déjà à dévorer les cadavres, bien qu'ils empestent. Ce fut un vrai massacre. Comment en sommes nous arrivés là ?


Tout a commencé à la fin de l'été 1066. Notre Roi Edouard le Confesseur, vient de mourir. Il a promis son royaume, la grande Angleterre, à ses voisins pour une tranquille fin de règne. Mais Harold Godwinson s'empara de la couronne. Guillaume II de Normandie prépara alors son armée pour envahir l'île. Mais une autre épreuve attendait d'abord l'Angleterre...



Chapitre I : Une guerre sur deux fronts

Trois semaines. Voilà trois semaines que nous campons aux abords de la plage, dans le sud de l'Angleterre, à attendre des Normands qui ne viennent pas. L'orgueilleux Guillaume se serait-il dégonflé ?
Un huscarl du Roi s'approche de moi. C'est Aelthered, qui nous a enrôlé de force, moi et mes compagnons, dans notre comté du Yorkshire. Durant plusieurs minutes, il nous observe, sans piper mot. Nous vaquons à nos tâches matinales, aiguiser nos épées, affûter les pieux de défenses du camp... Quand soudain, le visage impassible, il nous annonce :


- Ramassez vos armes. Rassemblez vos affaires. Nous partons dans une heure, dit-il en se retournant.

- Que se passe-t-il ?

Aelthered fait volte-face, le dévisage, et répond :

- Le Yorkshire. Le Yorkshire est menacé.

- Les Normands ont finalement attaqué au Nord ?

- Pas les Normands. Les Vikings

Abasourdi par la nouvelle, nous restons sans voix. Notre terre natale est attaquée, l'endroit où se trouve nos amis, nos femmes, nos enfants. Tout ça peut partir en fumée, d'un jour à l'autre.

Nous marchons sans relâche. Personne ne se plaint, ni ne parle, tant le Yorkshire nous préoccupe. Chaque seconde qui passe est une seconde de trop. Le temps nous est compté.
Rapidement, ayant le gros de l'armée, nous nous retrouvons à soixante hommes, dont une quinzaine d'archers. Au bout d'une semaine, je décide de crever le silence qui nous tient, et commence la conversation avec Enguerrand et Aimery :


- A votre avis, qu'est-ce qui motive les Vikings à nous attaquer ?

- Ils viennent sûrement nous piller, mettre la région à feu et à sang, comme il y a quelques années déjà, répondit Aimery.

- Oui, ils profitent que nos troupes soient au Sud, à attendre les Normands.

Aelthered intervient, l'air grave :

- Ce n'est pas pour piller. Edouard le Confesseur n'a pas promis le trône qu'au Duc de Normandie.

- Un Viking Roi ? s'étouffa Aimery.

D'un coup, notre colonne s'arrête. Sven, qui mène la colonne, s'est brusquement immobilisé. Je remarque alors que le chemin bordé d'arbres que nous suivions descend en pente douce depuis quelques centaines de pas. En bas de notre colline, se trouve une ruisseau de quelques pieds de profondeurs. Une rivière rouge.
Des centaines de corps gisent sur les deux berges, et bien d'autres encore sont étendus dans l'eau. Beaucoup ont des flèches plantés dans le corps, certains ont le crâne fendus, le flanc tranché, les membres coupés. Il y a deux fois plus d'Anglais que de Vikings.

Au loin, une ville brûle. York. Nous arrivons trop tard.



Chapitre II : Une retraite difficile

Pendant deux heures, nous avons pleuré. Pleurer pour notre terre en proie aux flammes, pleurer pour nos villages, pleurer pour nos familles que nous ne reverrons sans doute plus. Plus personne ne peut leur venir en aide, pas même les soldats de leur Roi; beaucoup d'entre eux gisaient à nos pieds, face contre terre, tandis que les autres sillonnaient le pays par petit groupe vulnérable. Il aurait été préférable de donner une sépulture à nos guerriers déchus, mais soixante hommes ne peuvent s'attarder trop longtemps en terre conquise par l'ennemi. Une fois nos larmes séchées, nous somme repartis vers le Sud, dans l'espoir de rallier une troupe amie.Une fois de plus, un silence de marbre s'installe pendant le trajet. Jusqu'à ce que Sven ne puisse plus garder pour lui ce qu'il a en tête:

- Notre situation est désespérée.

- Que veux-tu dire ?

- Nous sommes en guerre sur deux fronts contre des royaume possédant des armées plus fortes que la notre, qui plus est, est réduite pour l'instant à de petites troupes traversant le pays, à la recherche d'autres groupes auxquels se ralliés. Vous ne pensez pas qu'il est temps de...

Il hésita quelques instants.

- Le temps de quoi ? s'impatiente Aelthered.

- Le temps de...de...ce que je veux dire, c'est que quelques hommes de plus ou de moins...

Sur cette dernière phrase, le huscarl l'attrape au cou, le plaque contre le tronc le plus proche et lui crache ses mots :

- Tu veux partir ? Et bien libre à toi ! Tu penses que nous avons perdus ? La majeure partie de l'armée ne s'est même pas encore battue !

C'est de la colère qui brille dans ses yeux. Le huscarl montre maintenant sa répugnance pour les lâches et les déserteurs, lui est lié par serment à son Roi. Il continue sur sa lancée :

- Si je ne t'avais pas engagé de force, tu serais resté tranquillement chez toi, à t'occuper de ton champs, pendant que tes pairs se battraient pour la survie du Royaume !

Puis, il tourne les yeux vers la troupe :

- Tant que nous vivrons et que nous nous battrons, la grande Angleterre continuera d'exister ! Tant que des hommes comme nous auront le même espoir de victoires et de libertés, le Royaume survivra !

Les hourras de la colonne portèrent loin, on devait surement nous entendre à plusieurs lieues à la ronde. Cela n'allait pas nous porter chance. Tandis qu'Aelthered haranguait la troupe, Sven en profitant pour fuir en descendant la colline boisée où nous nous trouvions. Soudain, une flèche vînt le cueillir en pleine poitrine. Les cris cessèrent d'un coup. D'un même mouvement, les arches menés par Enguerrand encochèrent une flèche, les autres sortirent les épées de leurs fourreaux, ou empoignèrent leur lance, et attrapèrent leur bouclier. Et d'un coup, ils sortirent des fourrés, une centaine d'hommes du Nord, dont une dizaine portant un arc.

Maintenant mon bouclier de bois près de moi, et tenant fermement ma lance dans la main droite, j'attends le choc qui va survenir dans quelques secondes. Des flèches fusent dans les deux sens, bien que la plupart des projectiles ennemies ne trouvent que nos boucliers. Déjà vingts Vikings étaient morts. Avant que le choc ne survienne, je lève les yeux, et j'observe les nuages. Depuis longtemps déjà j'aime les observer, et je me rends compte que c'est peut-être la dernière fois que j'ai cette chance. Cette chance de voir, de toucher, de sentir. Tout simplement, cette chance de vivre. Et elle risque de se terminer, dans les quelques minutes qui vont suivre.

Le choc est terrible, ils sont deux fois plus nombreux que nous. Comme un seul homme, nous repoussons la horde avec nos boucliers. L'un d'entre se jette sur moi. Il ne trouve que ma lance, qui le transperce de part en part. Ils renouvellent leur assaut, et notre formation éclate. Je me précipite sur un autre combattant que j'assomme d'un coup de bouclier, et l'abat au sol. Avant même que je ne récupère mon arme, je me fais de nouveau assaillir. J'ai juste le temps de lever mon bouclier, et de tirer ma lame de son fourreau. Ma protection grince, mais ne cède pas. Je me relève, et le pauvre homme n'as pas le temps de voir l'éclair métallique l'entaillant au cou. Il s'écroule, et je me retrouve couvert de son sang. Le combat fait rage depuis plusieurs minutes déjà, et j'aperçois Aimery et Aelthered aux prises avec quatre ennemis. Je me précipite à leur aide, tandis que le huscarl entaille l'un de leurs adversaires, qui s'écroule, son torse prenant une couleur


Spoiler:
Petit chapitre court aujourd'hui, notre héros se souviens. Prochain chapitre : vous verrez bien ! noel

Chapitre III : Lourds souvenirs

[i]Ce fut la première fois que j'enleva une vie. Plus jamais je ne pourrais m'enlever le visage de ces hommes, au moment où je les occis. Ils continueront de me hanter, dans cette vie où dans l'autre, car il me faudra un jour payer pour mes crimes.

Je regarde les morts autour de moi : nos rangs ont subis un vrai massacre. Mais mes souvenirs sont confus, je n'arrive pas à me rappeler le déroulement de cette bataille, qui a surement dû sceller le destin du royaume. Je dois surement être le dernier survivant, et cette idée ne m'enchante guère. Je m'en sors sans trop de dommages, je n'ai qu'une légère coupure au bras, et une bosse assez importante sur le crâne. Tandis qu'aux alentours, les hommes sont éventrés, démenbrés ou sont tellement défigurés qu'on ne distingue même plus les traits du visage.

Pourquoi moi ? J'ai tué autant d'hommes que mes compagnons. Je n'ai pas été plus pieux. Je n'ai pas non plus été plus clément. Ne serait-ce que du hasard ? Je ne peux m'y résoudre, après tant d'années de croyance. Mais comment pouvais-je croire, après tout ces massacres ?

Je ne sais que faire à présent. Tous ces souvenirs, bien qu'ils ne représentent qu'une partie seulement de ce qui s'est passé, me sont revenus trop rapidement. Me rappeler de ces dures journées qui se sont écoulées, et qui ont vu la perte de tant d'amis, m'a marqué. Je ne m'en remettrais peut-être pas, mais quelle importance cela peut-il avoir ? Il ne me reste sans doute que peu de temps à séjourner sur Terre, j'arrive au bout de mon destin, à présent ma seule et unique croyance. Bientôt, des patrouilles normandes ne tarderaient pas à revenir sur les lieux de leur victoire, bien que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit. Je sais quel sort il me réserveront alors. Et je serai trop faible pour faire face.

Quand soudain, certains souvenirs refont surface...



Spoiler:
Merci Llywelyn smile

Voici la suite ! C'est la bataille de Stamford Bridge. Je vous laisse découvrir cette magnifique victoire des...je ne dirais rien noel

Spoiler:
Merci Llywelyn smile

Voici la suite ! C'est la bataille de Stamford Bridge. Je vous laisse découvrir cette magnifique victoire des...je ne dirais rien noel

Chapitre IV : Sanglante victoire

Nous sommes au camp. Le camp de la Grande Armée du Roi Harold. Près de 10 000 hommes sont rassemblés ici. Plus de 9000 épées, ainsi qu'un millier d'arc. Tous sont prêts, pour l'ultime bataille contre ces envahisseurs venus du Nord. Bataille qui décidera du sort du royaume. Dans quelques heures, la Mort frappera des centaines de fois, sous la forme de lames, de lances et de flèches. Moi aussi, je me pose la question : survivrais-je assez longtemps pour nous voir la fin de cette guerre ? Si tel est le cas, c'est que nous aurons gagné. Dans le cas contraire, c'est que j'aurais donné ma vie, comme tant d'autres déjà, pour une cause qui finalement sera perdue et oubliée.

Je préfère en détourner mes pensées. Il faut que je me concentre. Que je me concentre sur autre chose que de passer de vie à trépas. Il n'y a rien de mieux pour mourir au combat. Je me décide d'aller voir Aelthered, qui doit avoir quelques informations sur la bataille qui nous attend. Peut-être m'en fera-t-il part. Je l'aborde :


- Aelthered.

- Soldat.

- Du nouveau sur la stratégie ?

Il s'arrête, et comme de maintes fois, reste silencieux durant plusieurs minutes. Soudain, il me dit :

- Le Roi veut passer par le pont qui se trouve plus au Nord. Le camp des Vikings devrait se trouver dans cette direction.

- Mais, les Vikings vont nous attendre !

- Le Roi ne veut rien entendre.

Il me regarde droit dans les yeux :

- Nous courons à notre perte.

Après ces dures paroles, je préfère m'éloigner. Le huscarl pense que nous allons perdre. Il ne faudrait pas que cette attitude déteigne sur d'autres hommes, à commencer par moi. Je me dirige alors vers l'atelier, où je rencontre Aimerry. Nous nous saluons, et commençons ensemble à nous occuper de nos armes. On m'a redonné un bouclier, mais pas de lance, car les armes viennent à manquer. J'affûte mon épée, et la range ensuite dans son fourreau, conscient qu'elle tuerait la prochaine fois que je l'en sortirait.

C'est avec cette pensée en tête que j'entend le cor, signalant le rassemblement. L'attente va enfin prendre se terminer. Nous nous rassemblons alors à l'entrée du camp, chacun portant armes, boucliers, et parfois armures. On nous annonce alors ce qu'Aelthered m'a déjà dévoilé. Nous nous mettons alors en marche, droit vers le Nord. Durant le trajet, je pense à mon village. A ma famille. Tous doivent être morts à présent. Je songe alors à la raison qui me pousse à me battre. Qui me pousse à tuer. Je préfère me dire que ce sont des nos ennemis, qu'ils ont massacrés des personnes innocentes. Mais je n'arrive pas à oublier que ce sont des hommes. Comme moi, comme nous, ils marchent, respirent, mangent, boivent et aiment. Combien de maris, de père ai-je envoyer de l'autre côté ? Enguerrand vient me parler, et me sort des ces sombres pensées.


- J'ai quelque chose à te donner.

Il sort alors de son ceinturon un poignard. Il est plutôt simple, une lame de six pouces de longs, avec un manche de bois recouvert de lanières de cuir.

- Je l'ai ramassé sur un cadavre lors de notre premier combat. Il est à toi, tu t'es le mieux battu.

Je le remercie vivement, et le range à ma ceinture. Je commence à penser au combat qui va suivre. Car sans concentration, on fait des erreurs. Et chaque erreur peut être fatale.

Spoiler:
Oui, moi aussi je copie Erik, mais il a eu une si bonne idée noel

Ecoutez ça : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Nous sommes le 25 septembre 1066. Sur notre rive, 10 000 hommes se tiennent prêts. Prêts à se battre. Prêts à tuer. Prêts à mourir. Tous savent ce qui les attend. Et ils se taisent. Ils se taisent, car ils savent que parler ne les soulagerait pas. Cela n'accentuerait que leurs peurs. Et ils se tiennent tous en une longue colonne, large de deux dizaines de rangs, face au pont qui verra s'affronter les deux forces en présence. De l'autre côté, les Norvégiens ne peuvent être comptés, tant ils paraissent nombreux. Ils attendent patiemment, à une trentaine de mètres du pont. Aucune des deux armées ne bougent. Les flèches n'hurlent pas encore. Chaque Roi attend que l'autre prenne l'initiative. Toujours ce silence. La charge ne viendra-t-elle donc pas ?

Spoiler:
Ecoutez ça droite [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Alors que nous sommes immobile depuis plus d'une heure, un de nos hommes, sans doute exaspérés par l'attente, sort des rangs et court vers l'ennemi. D'autres impatients le suivent, et bientôt toute notre armée se dirige droit sur les lignes vikings. Pendant la charge, une trentaine de seconde s'écoula. Les trente secondes les plus longues de ma vie, sans aucune doute. Comme la dernière fois, je me rends compte que j'observe les nuages. Et comme la dernière fois, je me dis que c'est peut-être ma dernière occasion de le faire. Non, je dois me reconcentrer. Le choc va être violent. Les ennemis seront impitoyable. Je dois être sur de moi.

Spoiler:
Et maintenant ça droite [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Les Vikings se sont aussi mis à charger. Dans quelques secondes, la bataille commencera enfin. Des hommes mourront, d'autres tueront. Un des deux camps vaincra, l'autre perdra. Il n'y aura ni pitié, ni prisonniers. Tout se décidera dans les heures qui suivront. Et d'un coup, c'est le choc. Il est d'une violence inouïe. Des hommes sont broyés à l'impact. Le premier sang est versé. D'autres, plus prévoyants, ont levé leurs boucliers. Les hommes du Nord sont équipés de longues haches à deux mains, et rapidement ils font des ravages dans nos rangs. Un seul mouvement de poignet, et c'est deux à trois de nos hommes qui tombent. Il faut briser leur ligne ! Je me propulse en avant, bouclier levé. Je bouscule quelques hommes, et me retrouve au milieu des rangs ennemis. J'ai à peine le temps de voir que je suis imité par d'autres valeureux hommes, qu'on m'assaille déjà. Je lève de nouveau mon bouclier et encaisse plusieurs coups. J'abaisse ma garde, et je donne de larges coups de taille dans les deux hommes en face de moi. Ils s'écroulent, la poitrine lacérée. On tente de me donner un coup de hache dans le dos, mais j'ai le temps de contrer de mon épée. Le choc du métal remonte le long de mon bras, et une douleur se répand à présent dans ma chair. Ce n'est pas le moment de se fouler quoi que ce soit ! Malgré cette douleur lancinante, je contre attaque, et tranche la hampe de la hache. N'ayant plus qu'une hache à une main, mon adversaire n'a plus l'allonge nécessaire pour prendre l'initiative. Je donne un coup d'estoc, avec un certaine rapidité. Il n'a pas le temps de réagir, que je lui plante ma lame en plein coeur. Je la retire aussitôt, et me replonge dans la mêlée. Il n'y a plus de ligne de front à proprement parler, la bataille se résume en des duels éparpillés sur le champ de bataille, mais sur la rive viking uniquement. J'entame un duel contre un homme uniquement équipé d'une lance, plutôt petit et maigre. Il tente un coup vers mon visage, mais je me protège de mon bouclier. Il m'assène ensuite un coup latéral, que je pare avec difficulté, car il enchaîne les coups rapidement et aisément, malgré son gabarit. Je ne peux rien faire d'autre que défendre. Mais bientôt je ferais une erreur, et ce sera mon dernier combat. J'essaie finalement un coup dans le menton avec mon bouclier, mais s'écarte et me fauche les jambes avec la hampe de sa lance. Je m'effondre, mon bouclier et mon épée à seulement un pied de ma main, tellement inaccessibles pourtant. Je vois le coup fatal arriver, qui mettra un terme à ce duel, mon dernier combat. Mais alors, en une dernière tentative, je roule sur le côté, me saisit de mon poignard, n'ayant pas le temps de reprendre mon équipement. J'esquive à présent chacune de ses attaques, vif comme l'éclair. J'attends le bon moment. Enfin, le lancier tarde à réarmer son coup. Je me saisis de l'occasion : j'attrape la lance, et en tournant sur moi-même, je la lui arrache des mains, et viens lui planter le fourbe dard dans le cou. Son sang gicle sur mes mains. Une fois de plus. Je ramasse épée et bouclier, et me relance dans la mêlée. Trop impatient, je me retrouve encerclé par une dizaine d'ennemis, dos-à-dos avec un allié.

- Comment t'appelles-tu ami ?

- William, camarade.

- Et bien William, j'espère pouvoir te connaître une fois cette bataille finie. Es-tu prêt à te battre ?

- Jusqu'à la mort.

Alors, d'un même cri qui résonne dans le bois et emplit l'air, nous chargeons sur nos ennemis.

- Pour le Roi !

Nous élançons, sur deux des hommes nous encerclant, et nous les taillons en pièce avant qu'ils n'aient pu réagir. Les autres nous chargent, et nous nous remettons dos contre dos, défendant nos vies avec de larges mouvement des bras. J'entaille la jambe d'un premier, le repousse d'un coup de bouclier, et tranche les deux bras d'un second. Dans quelques minutes, il se sera vidé de son sang. Je projette en une glissade au milieu de mes deux derniers adversaires. Je les fauche tous les deux, et en abats un au sol avant qu'il ne se relève.
L'autre s'étant relevé, il m'attaque. Je bloque, contre-attaque, me protège de nouveau. Ces actions, je les ai répétées, je les répète et les répéterai tant de fois, que c'est devenu un simple automatisme. Je ne réfléchis plus. Seul mes membres comptent. Finalement, j'arrive à bloquer son épée avec la garde de la mienne, je fais un crochet du poignée et lui arrache l'épée des mains. Avant même qu'il ne lève les yeux vers moi, un éclair métallique l'envoie au sol, une large blessure au flanc. Je me retourne, et regarde dans la direction de William. Il a vaincu chacun des ennemis auxquels il était confronté, et m'adresse à présent un grand sourire. Il ne voit pas venir la hache s'abattant dans son dos. Moi non plus. Je le vois seulement s'écrouler, toujours en me regardant. C'était un gamin, comme moi. Il n'avait rien à faire à la guerre. Il n'avait pas à découvrir ses horreurs, pas si jeune en tout cas. Il meurt à présent. Et je ne peux rien faire pour l'empêcher.


Spoiler:
Jusqu'à la fin droite [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Après la mort de William, j'ai massacré son assassin. Je n'ai éprouvé aucune tristesse à le tuer. Presque de la joie. Une fois mon épée retirée du corps, après mon sixième coup d'estoc, je n'ai plus le courage de continuer à me battre. Bien que je n'ai connu William que quelques minutes, il a combattu à mes côtés, et c'est cela le plus important. Je m'agenouille près de lui. Il a la colonne vertébrale brisée. Il ne lui reste que peu de temps. Je ne peux même pas le relever. Je ne ressens plus la douleur physique, bien que présente après ces longs combats. Je n'ai plus qu'une douleur à l'intérieur, mais qui me fait souffrir, au plus profond de mon être. Une douleur pour un camarade qui s'en va. Un de plus.

La bataille a depuis un certain moment tournée à notre avantage. Ces drôles ont laissés un tier de leurs forces pour la garde de leurs drakkars. Les Norvégiens n'ont cessé de reculer. Leur zone de défense se réduit de plus en plus considérablement. Finalement, le reste de leur armée arrive en renfort, mais est accueilli par nos arches. Bientôt, il ne reste que la garde royale d'Harald Haardrada. Trois cents hommes lourdement armés, qui se battront jusqu'au bout. Mais même ces hommes surentraînés ne peuvent faire face à une horde d'Anglais faisant vingts fois leur nombre. Ils sont abattus les uns après les autres, à coups d'épée, de lance et de hache. Il n'y a à présent que le Roi, qui se bat en duel contre un des huscarls. Les deux hommes sont de farouches combattants, et aucun des deux n'a encore pris le dessus sur l'autre. Quand soudain, le Roi donne un puissant coup de poing dans la joue du huscarl, qui se retrouve au sol. Etant jusqu'à présent de dos, je n'avais pu voir de qui il s'agissait. Haardrada lève sa lame, prêt à porter le coup final. Aelthered va mourir sous mes yeux. Avant même que le moindre hurlement ne fuse, une flèche vient se planter dans le torse du souverain déchu. Puis une seconde. Abasourdi, blessé, il titube en arrière, laissant à Aelthered le temps de se relever. Ce dernier lève une dernière fois sa lame, et lance un large coup de taille. Il se baisse. Quand il se relève et se retourne, nous apercevons la tête de notre ennemi. Enfin, les cris s'élevèrent. C'est une victoire magnifique. Mais elle a un goût amer. Celui du sang.


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J'espère que ce chapitre vous plaira. Il me reste un dernier chapitre, le plus important, ainsi que l'épilogue. Je vous rédigerai tout ça à mon retour, dans deux semaines. Bonnes vacances à tous !






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Re: Pour le trône d'Angleterre (par Schwarzie)

Message  Schwarzie le Ven 18 Jan - 23:37

Je terminerai sous peu ce Rp qui court depuis presque un an déjà, et je trouverai le moyen de le poster dans le nouveau forum smile
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